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Douvres Basket Coeur de Nacre

Interview d’Antoine Dufour : Coach Nationale 2 Féminine saison 2021-2022

Avant de débuter la saison 2021-2022, Antoine Dufour a bien voulu répondre à nos questions à la fois sur son parcours au sein du club mais aussi sur son projet pour l’équipe 1ère du club. Bonne lecture !

Est-ce que tu peux te présenter brièvement ?

Je m'appelle Antoine j'ai 29 ans presque 30. Je fais partie du DBCN depuis 25 ans maintenant. J’ai toujours joué dans ce club sauf pendant 1 saison, et j'entraîne depuis une dizaine d'années maintenant.

 

Est-ce que tu joues encore au basket ?

 Non plus maintenant, j’ai joué toutes mes années jeunes et tout le début des années seniors.Il y a 3 ans, lorsque le club m’a proposé d'être assistant sur la N2F, ce n’était plus compatible avec les matchs du samedi soir.J'ai continué encore un an le dimanche matin, et là depuis 1 an j'ai complètement arrêté. Mais il y a un petit projet qui se monte de rejouer peut-être l'année prochaine si c’est compatible avec le dimanche matin. 

 

Tu as joué à quel niveau ?

Sur les catégories jeunes, j’ai navigué dans les équipes régionales du DBCN et je suis parti un an à l’ASPTT pour jouer en cadets France. En senior, j'ai fait de la Régionale 2, nous avons réussi à monter en Pré-Nationale, puis on est redescendu en R2.

 

On dit souvent que tu es l'enfant du club, est ce que tu pourrais expliquer un petit peu ton parcours au DBCN ?

Effectivement j'ai toujours été au club, sauf une année et j’ai grandi avec lui. Lorsque j’étais plus jeunes avec les autres garçons avec qui je jouais, nous étions très investis. Dès 13/14 ans, j'ai entraîné en commençant avec les tout-petits, les U9. Juste sur les entraînements pendant 2 ou 3 ans. Ensuite on m'a confié une équipe U15 départ garçon.

Après j'ai fait de l'arbitrage, j'ai fait les tables, toujours présent le week-end à venir supporter les filles et je les supportais avec le tambour !

Donc je pense que c'est un petit peu dans cette idée-là et que je suis parti de zéro en tant qu'entraineur au club et puis j'ai évolué, je me suis formé. J'ai tout fait dans ce club.

Je suis parti des tout petits U9 pour au final arriver vers la Nationale 2.

C'est une super évolution, mais compliquée quelques fois car les gens me voient encore comme le petit enfant de 12 ans. Et au final on est 17 ans plus tard. C'est super-enrichissant, car je connais tout le monde, j'apprends à connaître tous les ans les plus jeunes, tous les seniors, les bénévoles. Pareil les U17, U18, je les ai entraînés, je les connais tous.

C’est aussi ce côté-là, très familial, que j'apprécie énormément au club. À n'importe quel moment du week-end tu viens dans un gymnase et tu peux parler, dire bonjour, discuter avec tout le monde. C'est une ambiance que j'adore où je me sens vraiment chez moi.

 

Selon toi, quelles sont les valeurs qui représentent le mieux le club ?

D’un point de vue humain, je pense que c'est un club qui est très familial. On s’y sent vraiment bien et c'est quelque chose qu'on essaie de faire perdurer.

Je pense que Yann Achard (NDLR : ancien président du DBCN avant Cyril Plouhinec et aujourd’hui Clarisse Besançon et Olivier Cardia) a commencé à instaurer cet esprit quand il a récupéré le club qui était déjà un petit club familial.

Le Club a essayé d'évoluer en termes de basket, mais a toujours essayé de garder cette volonté d'être un club accueillant où il fait bon vivre.

Selon moi, c'est entré dans les mœurs des entraîneurs, dans les mœurs des dirigeants et tout le monde a vraiment envie de garder ce statut. Même si on a visé plus haut, si l’équipe première est montée en Nationale 2, c'est quand même quelque chose qu'on garde, qu'on essaie aussi de diffuser auprès de nos jeunes, et de nos entraîneurs.

Je pense que ça crée une très bonne dynamique.

Et au fur et à mesure, tout en conservant cet esprit familial, on se structure de plus en plus. Nous avons un très grand nombre de licenciés. Le travail des dirigeants, comme des entraîneurs est de mieux en mieux organisé. On donne une bonne image de nous et de notre perception vis-à-vis des autres clubs.

Sur un plan basket, on essaye avec Anne-Laure et les entraîneurs d'avoir une image, une identité du club : "Défendre très haut sur la défense tout terrain, jouer vite, relancer vite ». Ce sont des choses qu'on a mises en place et qu’on continue de mettre en place. Que ce soit sur nos équipes jeunes, ce qui est « un peu obligatoire », mais aussi sur nos équipes seniors, que ce soit la Pré-nat, les gars de la R2, la Nationale 2. Il y a toujours cette volonté quand même dans le club d'aller vite, de défendre haut et de défendre dur.

Et le dernier point, c’est que nous sommes un club formateur. Nous avons la volonté de former nos jeunes joueurs dès le plus jeune âge. C’est très bien pour nous si ensuite ils partent vers d’autres clubs, vers le Pôle ou vers des centres de formation. C’est encore plus gratifiant quand ils reviennent plusieurs années plus tard, comme Marie-Alysée, Laurine, Tina ou Clara.

 

Qu'est-ce qui t'a amené à travailler dans le monde du sport et plus particulièrement celui du basket féminin ?

Alors au départ, je n'étais pas du tout parti dans cette voie-là après mon bac. J'ai fait une année de STAPS et après je suis parti en école de commerce et ça ne m’a pas trop plu. Quand je suis revenu de l'étranger, Yann Achard m'a proposé, à l'époque, de faire un service civique. C'était le premier service civique qui a été débloqué au club. Je suis donc parti là-dessus, et l'année d'après il m'a proposé de poursuivre avec un contrat aidé qui s'est bien passé.

C'était la première fois qu'il y avait deux salariés au club (NDLR : Anne-Laure Coudray est la 1ère salariée). Ensuite, je suis passé sur un CDD à 28h puis à 35H depuis l'année dernière et enfin un CDI temps plein depuis cette année.

Quant au basket féminin ?… Au début j'étais surtout sur les jeunes et les filles de la R2, qui est maintenant la Pré-nationale, n'avaient - à l’époque- pas de coach. Après une défaite à la moitié de la saison, les filles de l’ancienne R2 m’ont contacté pour que je les coache.  À ce moment-là, je n’entraînais pas du tout, je coachais juste le dimanche et c'est parti de là.

Ça m'a énormément plu, on a fini la saison invaincue. On est monté en Pré-Nationale et on a gagné la Coupe de la Ligue.

L'année d'après, pour la Pré-nationale, il me fallait des diplômes que je n’avais pas encore. Donc Alhou N’Diaye est venu une saison pour coacher la PNF.

J'ai été son assistant pendant que je passais mes diplômes et que je me formais. Ce qui m’a permis de récupérer la Pré-nat l'année d'après.

 

Est-ce que tu as une superstition avant de démarrer un match ?

En tant que joueur, pas tellement. Souvent j'aimais bien marquer le dernier panier avant de retourner sur le banc, avant de commencer le match.

En tant que coach, je n’ai pas de superstition en particulier. Ce sont plus des petites habitudes qui me mettent en confiance (par exemple, le moment où on retourne aux vestiaires). Ce sont pleins de petits détails comme ça, mais rien de particulier. Tout le monde a ses petites habitudes de coach, comme à quel moment tu fais le cri de guerre, où est-ce que tu te rejoins aux entraînements... Mais je ne suis pas très porté là-dessus.

 

Quel sportif t’inspire le plus ?

Ça dépend sur quels aspects. J’ai beaucoup de respect pour Tony Parker par rapport au joueur qu'il a été mais surtout à la suite de sa carrière. Ce qu'il a réussi à mettre en place après, et ce qu'il fait actuellement.

Mais ce n’était pas le joueur que je préférais. Sur l’aspect du jeu pur du basket, ce sont plus des meneurs de jeu comme Facundo Campazzo qui me plaisent, ce sont vraiment des meneurs intelligents.

 

Après quelques années coach de la Pré-nationale féminine et assistant coach de la Nationale 2 avec Sarah tu prends les rênes de la Nationale 2 féminine, en tant que coach pour la première fois. Comment te sens-tu ?

Je suis un peu partagé. La première chose, est que je suis hyper content. C’est vraiment la consécration de tous les efforts, de tout le travail que j'ai mis en place sur les dernières années, donc c'est gratifiant. Ça montre la confiance de la part du club. Je ne suis pas sûr que cette opportunité-là, je l'aurais forcément eu ailleurs.

C’est le fait que je sois du club, que je sois investi sur la Nationale 2 et sur la Pré-nationale depuis quelques années qui fait que j'en arrive là. Et le deuxième sentiment, c'est que c'est bien mais ce n’est qu'une étape.

D'avoir le poste, ça ne veut pas dire que tout va bien se passer. Il faut travailler, continuer d'avancer. Ça me montre qu’en travaillant on peut aller chercher plus haut.

En fait, le premier sentiment que j'ai eu quand on m'a donné l'annonce, c'est la joie. Et ensuite j'ai pensé : « Ok, maintenant au boulot, c'est bien que tu l'aies eu mais maintenant faut faire ses preuves. Je dois encore bosser, continuer de progresser, de me former et ne surtout pas oublier comment j'en suis arrivé là. »

Et là, ça dépasse le basket, en sachant avec quelle personnalité j'en suis arrivé là. Ça fait aussi partie de moi, pourquoi je suis entraîneur, de pourquoi j'aime ce métier.

Et surtout ne pas oublier tout ceci sous prétexte que c'est la Nationale 2 que je vais entraîner Je veux rester moi-même et continuer de bosser.

 

La tâche est d’autant plus compliquée avec les nombreuses blessures dans l'équipe et les longs mois d'inactivité à cause de la crise sanitaire.

Comment appréhendes-tu cette nouvelle saison ?

Premièrement, il faut bien qu’il ait une nouvelle saison et savoir dans quelles conditions elle va se dérouler. Ce sont des éléments qu’on ne maîtrise malheureusement pas et qui vont dépendre des instances gouvernementales et de la fédération.

Si on estime qu'il va y avoir une saison l'année prochaine, les blessées ne m'inquiètent pas trop. Justement on a eu le temps pendant cette période de break de faire revenir nos filles au meilleur niveau, de les remettre en forme.

En plus, j'ai la chance d'avoir Romain Morin, le préparateur physique, avec moi, qui a déjà commencé à travailler avec elles.

L'idée est justement de ne pas les remettre dans le dur dès la reprise au mois d'août mais d'avoir un retour qui soit progressif. Pour l'instant on ne peut les remettre qu’à l’entrainement, ce qui est déjà très bien. Ça permet aux filles de se voir, de se remettre en forme physiquement. On espère le plus rapidement possible pouvoir s’exercer sur un vrai terrain. L’idéal serait que dès le mois de juin nous ayons accès aux salles. Pour qu’elles puissent retoucher le ballon et reprendre des sensations.

On est dans une bonne démarche parce qu'on est patients, on prend notre temps, on ne va pas exposer les filles à de gros risques de blessure. On en a déjà eu suffisamment par le passé.

Et le fait d'avoir un préparateur physique dans le staff ça va vraiment nous aider. Je suis assez confiant sur ça.

 

Quels sont tes projets et objectifs pour la NF2 ?

Ce n’est pas évident comme question. Pour moi le plus important dans un groupe c’est le fonctionnement de l'intérieur, que ce soit avec les filles entre elles mais aussi avec le staff.. Je pense que c’est déjà la base, avant de parler de basket, qu’on arrive à structurer ça, que tout soit en place, que les choses soient dites, qu’il y ait une bonne communication entre tous les membres, même avec le bureau. C’est primordial.

Les objectifs seront évalués au fur et à mesure. Je ne peux pas dire aujourd'hui quels vont être nos objectifs. Car je ne connais pas encore mon effectif, ni la poule, ni le fonctionnement du championnat. Il y a encore plein de facteurs et je ne suis pas le seul décisionnaire de ces objectifs.

Je pense que pour que les filles adhèrent au projet, il faut que les objectifs soient fixés avec elles. Car plus elles vont se sentir impliquées dedans et meilleur sera le résultat. On fera donc étape par étape. Déjà il y a le recrutement et on verra la suite après.

 

Est-ce que tu sais quand l'équipe sera finalement constituée ?

J'espère le plus vite possible. C'est une période qui n’est pas forcément évidente. Là on a déjà la validation de deux nouvelles joueuses, et surtout j'ai la validation de pas mal de joueuses qui souhaitent continuer dans l’effectif. Pour moi c'était une chose primordiale de réussir à conserver nos joueuses. Même si on a quelques arrêts je suis content d'avoir pu conserver autant de joueuses. On a deux signatures et on espère la troisième dans les jours, semaines à venir.

(NDLR : nous vous informerons très vite !)

 

Comment en tant que coach, tu as décidé de créer ton équipe ?

Avant de construire mon équipe le plus important pour moi c’est de construire mon staff. Je suis très content d’avoir trouvé mon assistante Valérie Laiguillon, le préparateur physique Romain Morin et dans la continuité Aurélie Antoine-Cochard qui reste en tant que responsable d’équipe.

Pour mon équipe, la première chose que j'ai faite, c'est de contacter les joueuses que j'avais cette année pour savoir si elles reprenaient. Une fois que toutes ces joueuses ont validé leur présence la saison prochaine, j’ai déjà une base solide.

Avec elles, je vais différencier les différents postes de jeu et les différents profils : Les joueuses à responsabilité, qui ont de l'expérience, de la légitimité…

Puis nous allons pouvoir définir techniquement et tactiquement, ce que j'ai envie de mettre en place. Quelque chose qui me correspond et qui puisse également correspondre à l'équipe. Les recrutements seront sur les postes de jeu où on a un manque d'effectif.

Ensuite une fois que le projet est en place, que l’effectif est construit, on peut partir sur les détails et le projet de jeu.

Ce qui est important, c'est d'avoir un mélange.

Il faut se fixer sur tous les postes de jeu, les avoir si possible en double, mais surtout obtenir une cohérence sur le groupe : dans les personnalités, dans l'expérience.

L'équipe de Nationale 2 est l'équipe vitrine du club. C'est important qu’on ait des filles comme Tina, Laurine ou comme Clara qui reviennent au club. Ce sont des filles qui ont été formées ici. Ce qui permet de montrer à nos jeunes en U11, U13, qui s’identifient à cette équipe, que la NF2 n'est pas inaccessible.

La nationale est un niveau qui est jouable et c’est en s'entraînant, en bossant, qu’on peut y arriver. La preuve, c’est qu'il y a des filles du club qui sont dans cette équipe-là !

Et je pense que qu’il n’y a pas 50 clubs en France qui ont autant de filles formées au club dans leur équipe Nationale 2. C'est une fierté pour le club.

Le DBCN est un club familial mais aussi un club formateur, où on accentue beaucoup sur la formation des jeunes. On n'hésite pas à les laisser partir, si elles ont la possibilité d'aller jouer à plus haut niveau. Et aujourd'hui on récupère tout le travail qu'on a effectué il y a plusieurs années. Avec des jeunes qui reviennent, comme Clara, Laurine et Tina.

 

 Le mot de la fin ?

Mon souhait c'est que la saison se passe le mieux possible en termes de mesures sanitaires.

On a trouvé une bonne dynamique ces dernières années, que ce soit lors de la montée en Nationale 2, ou que ce soit l'année où on s’est maintenu. Non seulement, il y avait une bonne entente au sein de l'équipe au sein du staff, mais il y avait aussi toute une dynamique du club derrière cette équipe avec les dirigeants, et les supporters.

J'espère qu'on va retrouver cette dynamique malgré les mesures l'année prochaine, parce que mine de rien, le fait d'avoir du monde dans les gradins, d'avoir des gens qui nous soutiennent c'est hyper important pour les filles et ça peut nous sortir de situations très compliquées.

On l'a vu sur ces dernières saisons, que les clubs adverses ont beaucoup de mal à venir gagner ici. Et ce n’est pas que le gymnase, ce sont surtout les gens qui sont à l'intérieur et qui viennent nous supporter, donc j'espère que ça continuera.